Quand le corps et le comportement racontent l’histoire des ancêtres.
- simeonibenjamin
- 8 avr. 2025
- 2 min de lecture
Reconnaître les héritages invisibles pour retrouver sa juste place
Il nous arrive à tous d’avoir des réactions inexplicables, des comportements que l’on répète sans le vouloir, ou un corps qui souffre alors que rien, médicalement, ne le justifie. Ces signaux ne sont pas toujours dus à notre vécu personnel : ils peuvent être l’expression d’un héritage transgénérationnel.
Entre réactions automatiques et douleurs corporelles, notre être tout entier peut devenir le messager silencieux de traumatismes passés… qui ne sont pas les nôtres.

Des comportements qui ne nous appartiennent pas
“Je sais que ce n’est pas logique, mais je n’arrive pas à faire autrement…” “Je fuis dès que je me sens aimé(e).” “Je me sur-adapte sans m’en rendre compte.” “Je travaille jusqu’à l’épuisement, comme si je n’avais pas le droit de m’arrêter.”
Ces réflexes émotionnels ou comportementaux, souvent appelés comportements hérités, sont des réponses inconscientes mises en place pour :
éviter une souffrance,
appartenir au clan,
ou réparer un traumatisme familial non intégré.
Ils peuvent se traduire par :
Des compulsions (contrôle, perfectionnisme, consommation…),
Des évitements émotionnels (refus de s’attacher, peur du bonheur),
Des auto-sabotages répétés (au moment de réussir, d’aimer, de recevoir),
Ou des postures figées (sacrificielle, rebelle, protectrice…).
Quand le corps parle à la place de l’histoire
Le corps, quant à lui, peut devenir le théâtre de la mémoire transgénérationnelle. C’est ce qu’a observé Marc Fréchet, psychologue clinicien, à travers le concept du “cycle biologique cellulaire mémorisé” : notre corps enregistre les événements significatifs vécus par nos ancêtres, surtout s’ils sont restés tus ou non intégrés.
Des douleurs inexpliquées, des maladies chroniques, des tensions persistantes peuvent refléter :
Un deuil non fait dans la lignée (douleur thoracique ou oppressions liées au chagrin),
Une blessure d’abandon (troubles digestifs ou de peau),
Une histoire de guerre ou d’exil (hypervigilance, tensions musculaires constantes),
Une culpabilité familiale (troubles gynécologiques, infertilité inexpliquée…).
Le corps exprime ce que le mental n’a pas le droit de dire, ou ce que la famille a mis sous silence.
Identité ou héritage ? La confusion intérieure
Une des grandes clés du travail transgénérationnel est de différencier ce qui vient de soi… de ce qui a été hérité.
Dans les accompagnements, on entend souvent :
“Mais je suis comme ça.” “C’est dans ma nature.” “Je fonctionne comme ma mère, c’est tout.”
Mais qui serions-nous sans les réflexes familiaux inconscients ? Qui serais-tu si tu n'avais pas à porter le poids d’une mémoire collective silencieuse ?
👉 C’est là qu’on touche à la confusion entre l'identité (qui je suis) et l'héritage (ce que j’ai reçu). Libérer les comportements et les douleurs héritées, c’est retrouver sa vraie nature.
Nos comportements et notre corps sont souvent les passeurs silencieux d’une mémoire familiale. En les écoutant avec bienveillance, en les reliant à l’histoire et en osant poser des actes de séparation symbolique, nous sortons du rôle de porteur, et nous redevenons créateur de notre vie.
“Le corps se libère quand l’histoire est reconnue.Le comportement change quand l’amour peut circuler librement, sans devoir réparer ce qui ne nous appartient pas.”



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